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jeudi 22 novembre 2012

Le M23 progresse, les congolais crient leur colère, et...Joseph Kabila jubile !

De gauche  à droite : Paul Kagame, Yoweri Museveni et Joseph Kabila. (Photo : Droits tiers).
Cette photo circule sur Internet depuis mercredi soir (le 21 novembre 2012). Elle a été prise à Kampala, lors de la conférence de presse donnée par les trois présients pour clore leur mini-sommet extraordinaire, convoqué pour statuer en urgence sur l'évolution de la situation à l'Est de la RDC après la prise de Goma par le M23.

Dites-moi : Joseph Kabila que vous voyez a-t-il l'air d'un Chef d'Etat dont le pays serait agressé par ses deux homologues assis juste à ses côtés ? Vous a-t-il l'air d'un Président d'une République dont le territoire est entrain d'être occupé par "une armée étrangère" comme on l'entend dans sa bouche et celle de ses ministres ?

Au moment même où il donnait cette conférence, quelques congolais étaient entrain d'être tués par ceux qu'il présente comme étant les hommes de ses collègues assis là, à sa droite. Des militaires FARDC (une centaine) blessés dans les combats de mardi à Goma et abandonnés à l'hôpital militaire de cette ville étaient entrain de se vider de leur sang, faute de soins appropriés. D'autres, tués, jonchaient encore les rues innondées de la route de Sake.

Peut-être que j'exagère; peut-être qu'on venait de lui montrer des images drôles, comme celles des cent mille déplacés de Mugunga entrain de se couvrir la tête avec de l'herbe sauvage pour atténuer l'effet de l'orage qui s'abattait ce soir-là sur la contrée... Comme alors celles des militaires FARDC s'écrulant de faim et de désydratation dans les collines de Minova où ils se sont retranchés "stratégiquement"... Non, sérieusement, quel est ce président qui aime son pays, qui donnerait à son peuple un tel spectacle ?

Alors que la RDC est endeuillée par les événements, son soi-disant "premier citoyen" se délecte de plaisir, sous le regard complice de ses propres agresseurs prétendus. Or, Joseph Kabila a toujours apparu comme un homme froid, peu bavard et discret. Il rit rarement, et on peut en déduire que s'il rit, c'est qu'il y a de quoi... Eh bien, il y a des signes qui ne trompent pas. Félicitations, Monsieur le Président !